Manifestation contre la venue d’Erdogan

Manifestation contre la venue d’Erdogan


İsviçre

Published on Ocak 10th, 2017 | by Avrupa Forum 1

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Manifestation contre la venue d’Erdogan

 

Manifestation contre la venue d’Erdogan

Mardi 10 janvier 2017

– Christiane Pasteur

La présence du président turc sur le sol helvétique suscite l’indignation.
DR

La présence du président turc à Genève dans le cadre des pourparlers sur Chypre suscite un vif mécontentement.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, pourrait participer jeudi à Genève à une conférence sur la question chypriote. Des pourparlers visant à la réunification de l’île, scindée en deux depuis 1974, ont en effet débuté hier à l’ONU entre représentants des entités grecque et turque.

Si nul ne remet en cause l’objectif de ces discussions, il en va tout autrement de la probable présence du président turc sur le sol suisse. Une nouvelle manifestation nationale a été convoquée pour ce jeudi par des associations turques et kurdes, différents groupements politiques et individus soucieux de dénoncer l’inertie des autorités tant nationales qu’internationales vis-à-vis de la dérive autocratique du gouvernement d’Ankara. Un appel lancé à cette occasion demande notamment que la Confédération cesse ses relations diplomatiques, commerciales et militaires avec la Turquie tant que l’Etat de droit ne sera pas restauré.

Enquête de l’ONU réclamée

«Nous ne sommes pas opposés à ce que M. Erdogan vienne à Genève. Mais nous demandons à l’ONU de mettre sur pied une commission indépendante d’enquête sur les violations du droit international commises en Turquie et en Syrie et, le cas échéant, d’arrêter et de juger M. Erdogan pour ces crimes», affirme Pablo Cruchon, permanent du mouvement Solidarités, pour qui le pays a clairement basculé dans la dictature.

«Ne rien dire face à des crimes contre l’humanité revient à en être complice!» ajoute Démir Sönmez, de l’association Maison populaire. «Erdogan ose interdire aux enquêteurs de l’ONU de se rendre en Turquie. Dans ce contexte, il est inconcevable que l’ONU lui ouvre ses portes. Sa crédibilité comme celle de ses Etats membres est en cause.»

Et le militant genevois de rappeler quelques-unes des conséquences de la répression qui s’abat sur son pays d’origine depuis quatorze ans, mais dont l’intensité semble avoir été décuplée à la suite de l’échec du coup d’Etat de juillet dernier: «Plus de 100 000 fonctionnaires, magistrats, médecins et journalistes licenciés, 40 000 personnes incarcérées, 195 médias fermés, etc.».

Etudiant en histoire économique à l’université de Genève et citoyen engagé, Bastien Stauffer sera également présent jeudi à la place des Nations: «L’ONU, en accueillant M. Erdogan, lui permet de redorer son blason, y compris vis-à-vis de son propre peuple. Tandis que les pays européens n’osent prendre aucune sanction contre la Turquie puisqu’ils ont passé avec elle cet accord sur les migrants. Ils n’apportent pas non plus leur soutien aux Kurdes, dont les mouvements progressistes, voire révolutionnaires, effraient.»

Berne et la Ville réagissent

Du côté du Département fédéral des affaires étrangères, on dit cependant suivre la situation de près. Son porte-parole, Pierre-Alain Eltschinger, rappelle que Didier Burkhalter a fait part à plusieurs reprises de la position de la Confédération. «Ainsi à l’occasion de la visite du ministre turc des Affaires étrangères en novembre dernier en Suisse, le conseiller fédéral a réitéré son inquiétude face aux nombreuses arrestations qui ont eu lieu en Turquie après la tentative de putsch. M. Bukhalter a par ailleurs mis en exergue l’importance du respect des libertés fondamentales telles que la liberté d’expression et de l’indépendance de la justice, ainsi que l’importance du respect du principe de proportionnalité dans les mesures prises par l’Etat turc.»

Au nom du Conseil administratif de la Ville de Genève, Rémy Pagani s’est rendu mi-novembre dans le sud-est de la Turquie, à Diyarbakir, dans la région kurde, pour soutenir la maire et son adjoint emprisonnés, accusés de soutenir le terrorisme. «A cette occasion, j’ai rappelé aux autorités leur obligation de respecter les droits humains et les Conventions de Genève. J’ai également exprimé mon désaccord sur le fait d’emprisonner des parlementaires légitimement élus. Je le referai jeudi à Genève, au nom de la Ville si mes collègues me soutiennent, et sinon en mon nom propre.»

 

Manifestation jeudi 12 janvier à 12h, place des Nations, Genève.

 

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